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Tiani, Goïta, Traoré : révolutionnaires ou réactionnaires ?

Publié le 5 avril 2025 Lecture : 2 minutes.

Le désormais général d’armée Abdourahamane Tiani a acté, le 26 mars, la dissolution de tous les partis politiques nigériens. Lors d’une cérémonie marquant la promulgation de la Charte de refondation du Niger, qui a valeur de constitution, il a également été investi président de la République pour un mandat de cinq ans, renouvelable indéfiniment. Ces mesures, qui font partie des recommandations des Assises nationales, portent un nouveau coup à la démocratie nigérienne.

Dernier putschiste en date dans la sous-région, le général Tiani, érigé en « héros national » et « militaire providentiel » lors de la cérémonie, est parvenu, en moins de deux ans, à « institutionnaliser le modèle putscho-souverainiste le plus radical », analyse François Soudan, directeur de la rédaction de Jeune Afrique, au micro de RFI, pour La Semaine de JA.

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« Révolution réactionnaire »

Face au Mali d’Assimi Goïta et au Burkina d’Ibrahim Traoré, le Niger est aussi « le pays le plus avancé dans l’entreprise de satellisation de la société civile », poursuit-il. Plusieurs ONG internationales ont dénoncé, en février, l’usage de la détention arbitraire et du « harcèlement judiciaire » à l’encontre de défenseurs des droits humains et de journalistes. Autre fait majeur : l‘ancien président Mohamed Bazoum, renversé en juillet 2023, est séquestré depuis plus de vingt mois, tandis que plusieurs dizaines de ses proches ont été visés par des déchéances de nationalité, ce qui constitue « une première dans la région », souligne François Soudan.

Une « révolution réactionnaire » est-elle en cours au Sahel ? Début avril, le capitaine Ibrahim Traoré, à la tête du Burkina Faso, déclarait dans un discours à la nation : « Nous ne sommes pas dans une démocratie. Nous sommes bien en révolution progressiste populaire. » Pour le directeur de la rédaction de Jeune Afrique, il s’agit plutôt d’une « révolution dont les auteurs, les militaires, habillent leur captation du pouvoir et de ses ressources par un langage anti-impérialiste, et s’appuient non pas sur les forces progressistes de la société, mais sur les couches les plus conservatrices et réactionnaires ».

La Semaine de JA est à retrouver chaque samedi sur RFI, et en intégralité sur le site de Jeune Afrique.

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Article écrit publié en premier sur JeuneAfrique.Com

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